Depuis le 26 mars 2026, le Québec applique une nouvelle version de son Code électrique, le chapitre V – Électricité du Code de construction. Le gouvernement vient toutefois de prolonger la période de transition : les travaux qui débutent avant le 17 octobre 2027 peuvent encore être réalisés selon l’ancienne version de 2018. Après cette date, seul le Code 2026 s’appliquera.
Qu’est-ce que ça change pour votre maison, votre plex ou le projet de construction que vous planifiez à Sherbrooke ? Voici l’essentiel, expliqué sans jargon par votre maître électricien en Estrie.
C’est quoi, le « Code 2026 » ?
Au Québec, les installations électriques sont encadrées par le Code de construction, chapitre V – Électricité. Ce chapitre reprend le Code canadien de l’électricité (norme CSA C22.1, 25e édition, publiée en 2021) et y ajoute des modifications propres au Québec. C’est cette version adaptée, entrée en vigueur le 26 mars 2026, qu’on appelle couramment le « Code 2026 ».
Son application est surveillée par la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) et par la Corporation des maîtres électriciens du Québec (CMEQ). Tout entrepreneur électricien licencié doit s’y conformer.
Deux dates à retenir
- 26 mars 2026 : entrée en vigueur du Code 2026.
- 17 octobre 2027 : fin de la période de transition. Jusque-là, un projet dont les travaux commencent avant cette date peut être réalisé selon le Code 2018. Après, le Code 2026 devient la seule référence.
La transition devait initialement se terminer le 26 septembre 2026. Elle a été prolongée d’un an par règlement publié dans la Gazette officielle du Québec le 26 août 2026. La RBQ précise toutefois qu’elle encourage dès maintenant l’utilisation de la version la plus récente, qui intègre les avancées technologiques et renforce la sécurité des installations.
Chez ELEKTRIX, nous concevons déjà les nouveaux projets selon le Code 2026. Il n’y a aucun avantage à bâtir en 2026 une installation qui sera « dépassée » l’année suivante.
Ce qui change concrètement pour les propriétaires
1. La borne de recharge entre dans le calcul de charge, même si vous n’en avez pas
C’est le changement le plus important pour le résidentiel. Le Code 2026 intègre la charge prévue pour la recharge d’un véhicule électrique dans le calcul de charge d’un logement, même en l’absence de borne installée. L’objectif est simple : que l’entrée électrique et le panneau soient dimensionnés pour la maison de demain, pas seulement pour celle d’aujourd’hui.
En pratique, pour une construction neuve ou un projet qui touche l’entrée électrique, un panneau de 200 ampères devient presque incontournable dès qu’on combine chauffage électrique, thermopompe et préparation pour une borne.
2. Les systèmes de gestion d’énergie sont officiellement reconnus
Bonne nouvelle pour ceux qui ont un panneau de 100 ampères : le Code 2026 reconnaît les systèmes de gestion de l’énergie pour véhicules électriques (SGÉVÉ) et les dispositifs de délestage de charge. Ces appareils surveillent la consommation de la maison et modulent la puissance envoyée à la borne pour ne jamais dépasser la capacité de l’installation.
Lorsqu’un tel système est installé, la charge de la borne peut être calculée selon la limite fixée par le système plutôt qu’à sa pleine puissance. Dans plusieurs cas, cela permet d’ajouter une borne sans remplacer le panneau ni l’entrée électrique, ce qui représente une économie de plusieurs milliers de dollars. Un calcul de charge par un maître électricien permet de confirmer si cette option s’applique à votre maison.
3. Infrastructure de recharge obligatoire dans les constructions neuves
Le Code 2026 élargit l’obligation de prévoir une infrastructure de base pour la recharge de niveau 2 (240 V) dans les bâtiments d’habitation neufs : le câblage part du panneau et aboutit à une boîte de sortie à l’emplacement prévu de la future borne. Cela vise notamment les logements neufs dotés d’un garage, d’un abri d’auto ou d’une aire de stationnement, ainsi que les cases de stationnement réservées aux résidents des immeubles neufs (les cases visiteurs sont exclues).
Pour un promoteur ou un autoconstructeur en Estrie, cela signifie que la recharge doit être planifiée dès les plans, et non ajoutée après coup. La portée exacte de l’obligation dépend du type de bâtiment : parlez-en à votre électricien avant de déposer vos plans.
4. Un circuit dédié et une déclaration à la RBQ pour chaque borne
Une borne de recharge doit être alimentée par une dérivation distincte qui ne dessert aucune autre charge, sauf les exceptions prévues avec un système de gestion d’énergie. Le calibre du disjoncteur et du câblage est déterminé par le calcul de charge, pas par une règle générale. L’électricien doit aussi produire une déclaration de travaux à la RBQ, dans laquelle il inscrit la charge prévue pour la recharge.
À noter que le programme provincial Écorecharge (qui a remplacé Roulez vert en mars 2026) exige que la borne soit installée par un entrepreneur électricien licencié. Une installation non conforme, c’est une subvention refusée.
5. Des protections modernisées : anti-arcs et fuite à la terre
Le Code 2026 précise les exigences relatives aux disjoncteurs anti-arcs (DDAA), qui détectent les défauts de câblage susceptibles de causer un incendie, et aux protections contre les fuites à la terre (DDFT) dans les endroits humides : cuisine, salle de bain, garage, sous-sol non fini, prises extérieures. Ces protections s’appliquent surtout aux nouveaux circuits et aux rénovations ; votre électricien vous indiquera ce qui est requis pour votre projet.
Dois-je mettre mon installation actuelle à niveau ?
Non, pas automatiquement. Le Code n’est pas rétroactif : une installation conforme au moment de sa réalisation demeure légale. Les nouvelles règles s’appliquent aux travaux neufs, aux ajouts (borne, thermopompe, sous-panneau, agrandissement) et aux rénovations qui touchent l’installation électrique.
Cela dit, le moment d’ajouter une borne ou une thermopompe est souvent celui où l’on découvre que le panneau est déjà à sa limite. Si votre maison date de plusieurs décennies, notre article Quand remplacer son panneau électrique ? vous aidera à reconnaître les signes.
Et les permis municipaux à Sherbrooke ?
La déclaration de travaux à la RBQ est faite par votre maître électricien pour tout travail d’installation électrique. Selon la nature du projet, la Ville de Sherbrooke ou votre municipalité peut aussi exiger un permis, notamment pour une mise à niveau d’entrée électrique, une construction neuve ou un agrandissement. Nous vous indiquons ce qui s’applique dès la soumission.
Pourquoi confier vos travaux à un maître électricien à jour ?
Un changement de code, c’est plusieurs centaines de pages de règles techniques à maîtriser. Les outils de calcul, les bulletins et les formations de l’industrie sont en cours de mise à jour pour intégrer le Code 2026. Chez ELEKTRIX, entrepreneur électricien membre de la CMEQ à Sherbrooke, nous suivons ces changements de près pour que chaque projet :
- soit conforme du premier coup, sans reprise coûteuse ;
- passe la déclaration RBQ et les vérifications sans accroc ;
- reste admissible aux subventions (Écorecharge, LogisVert) et valide auprès de votre assureur ;
- soit pensé pour vos besoins futurs : borne, thermopompe, solaire, batterie.
Foire aux questions
Quel Code électrique est en vigueur au Québec en 2026 ?
Le Code de construction du Québec, chapitre V – Électricité, dans sa version adoptée le 26 mars 2026. Il reprend le Code canadien de l’électricité (CSA C22.1, 25e édition) avec des modifications propres au Québec.
Jusqu’à quand peut-on utiliser l’ancien Code 2018 ?
Jusqu’au 17 octobre 2027, à condition que les travaux commencent avant cette date. La transition devait se terminer le 26 septembre 2026, mais elle a été prolongée d’un an en août 2026.
Le Code 2026 m’oblige-t-il à installer une borne de recharge ?
Non. Il oblige à prévoir l’infrastructure (câblage et boîte de sortie) dans certaines constructions neuves, et à tenir compte de la charge d’une future borne dans le calcul de charge. La borne elle-même reste votre choix.
Puis-je ajouter une borne avec un panneau de 100 ampères ?
Souvent oui, grâce aux systèmes de gestion d’énergie reconnus par le Code 2026, qui limitent la puissance de la borne selon la consommation de la maison. Un calcul de charge permet de le confirmer.
Mon installation existante devient-elle non conforme ?
Non. Le Code n’est pas rétroactif. Les nouvelles règles s’appliquent aux travaux neufs, aux ajouts et aux rénovations touchant l’installation électrique.
Qui peut faire des travaux électriques au Québec ?
Seul un entrepreneur titulaire d’une licence RBQ de sous-catégorie 16 (entrepreneur en électricité), membre de la CMEQ, peut réaliser des travaux d’installation électrique. C’est le cas d’ELEKTRIX.
Vous planifiez un projet en 2026 ou 2027 ?
Construction neuve, agrandissement, ajout d’une borne ou d’une thermopompe, mise à niveau de l’entrée électrique : c’est le bon moment pour faire évaluer votre installation selon le Code 2026. Contactez notre équipe pour un calcul de charge et une soumission, à Sherbrooke et partout en Estrie.
Sources : RBQ – Prolongation de la période transitoire en bâtiment et en électricité (26 août 2026) · CMEQ – Prolongation de la période transitoire en électricité (2 septembre 2026) · CMEQ – Code de construction, chapitre V – Électricité 2026 : calcul des charges · LégisQuébec – Code de construction, chapitre V – Électricité (B-1.1, r. 2)